Adélaïde Hautval, son témoignage en tant que medecin déportée



 


4ème de couverture :



Pour le Dr. Adélaïde Hautval, fille d'une pasteur alsacien, ce qu'elle appelait les " valeurs premières " devaient demeurer, quelles que soient les circonstances. Elle eut à les défendre au péril de sa vie lorsqu'elle fut déportée à Auschwitz en Janvier 1943, avec deux cent cinquante francaises, arrêtées dans la Résistance. Affectée comme médecin au Block des expériences médicales SS. Mais quand elle reçut l'ordre de prêter la main aux actes criminels, elle refusa. Elle s'était préparée à cet éventuel refus et à la mort qui s'ensuivrait. Elle fut sauvée de l'exécution par une détenue politique allemande, chef de l'infirmerie. En 1946, elle jeta sur le papier plusieurs épisodes de ce qu'elle avait vécu, mêlés de courtes réflexions sur les drames profonds qui se posaient aux déportés pour maintenir le cap de " l'inviolabilité et de la primauté de la personne humaine ".Elle ne toucha plus à ses notes pendant une bonne quarantaine d'années. Mais comme elle voyait la violence se réinstaller dans le monde, l'angoisse la poussa à trier ses papiers et à en dactylographier l'essentiel peu avant sa mort. Elle confia son manuscrit à ses camarades de camp, qui, grâce au Dr. Claire Ambroselli de l'INSERM ( Institut national de la santé et de la recherche médicale ), purent les faire  étudier une première fois aux Editions Actes Sud en 1991.


La première expérience en date, au BLOC 10, dont nous fait part Adéloaïde Hautval était la stérilisation par introduction dans l'utérus d'un liquide caustique déstiné à provoquer l'obstruction des trompes. Elle était pratiquée par le Professeur Clauberg, un civil. La stérilisation se faisait en génrale en une ou trois étapes selon le résultat obtenu. Ces opérations sont suivies de contrôles radiologiques pour juger de la réussite de la méthode ( On remarque que les personnes qui aidaient pendant les expérimentations étaient des infirmières qui étaient choisies parmi les détenues ).Les effets des injections sont variables : poussées de température avec des signes évidents d'inflammation des organes.  Ce même medecin aurait fait des recherches concernant un nouveau produit contrastant pour examens radiologiques, le lipiodol étant de plus en plus dur à se procurer. Ces injections étaient tout particulièrement douloureuses parce qu'elles étaient faites au moyen d'une pompe électrique.

La stérélisation au moyen de rayons X était pratiquée sur toutes les jeunes filles âgées de seize à dix-huit ans. Ces expériences ne se faisaient pas au BLOC 10 même,  mais dans le camps des femmes à Birkenau. Chaque soir les jeunes filles revenaient avec des symptômes de péritonisme. Elles vomissaient, se plaignaient de douleurs abdominales... Mais ce n'était pas fini, car quelque temps après cette première phase, elles subissaient une ablation des ovaires, soit par l'aparotomie, soit par incision sus-pubienne horizontale. Au final, cela nous révèle que ce sont les intestins qui ont été les plus atteints par les rayons. Suite à ces résultats, le médecin Schumann procède à des irradiations plus basses. Cela entraîne des décès, diverses complications, des aggravations de tuberculose pulmonaire faute d'examens préalables, des pleurésies, des suppurations interminables. Quelques semaines plus tard, ils enlevaient le second ovaire.

 

 

 

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